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Automédication : Définition1,2,3,4,5,6

La place des patients dans le système de santé a beaucoup évolué au cours des dernières décennies : le patient joue aujourd’hui un rôle plus actif dans sa prise en charge. L’une des formes que revêt cette implication accrue est l’automédication.

L'automédication: définition et enjeux

L'automédication est définie comme l'utilisation de médicaments par une personne, pour elle-même ou pour un proche, de sa propre initiative et en l'absence de prescription médicale.

Cette notion peut recouvrir des réalités très différentes. Pour être efficace et assurer un maximum de sécurité, l'automédication doit être faite de manière responsable.

Ainsi, un comportement responsable d'automédication exclut :

  • Le recours systématique et abusif au contenu de l'armoire à pharmacie familiale, en particulier l'utilisation d'anciens médicaments prescrits (antibiotiques par exemple).
  • L'utilisation de médicaments inconnus, conseillés ou transmis par la famille ou des amis, ou encore achetés sur des sites internet non autorisés.

L'accès direct : quels médicaments sont concernés ?

Depuis 2008, en France, certains médicaments disponibles sans ordonnance peuvent être placés dans l’officine afin de permettre au patient de se servir lui-même. Il s’agit des médicaments dits « en libre accès », « en accès direct », « de médication officinale » ou « OTC ». Tous les médicaments concernés ont une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et sont inscrits sur la liste de l’ l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) des médicaments de médication officinale.

Les médicaments à base de paracétamol, d'ibuprofène et d'aspirine ne sont plus accessibles en accès libre à la pharmacie depuis le 15 janvier 2020, sur décision de l'ANSM. Néanmoins, ils restent disponibles sans ordonnance médicale obligatoire. D'autres médicaments ne sont pas non plus éligibles au libre accès : il s'agit notamment des médicaments présentant des contre-indications majeures ou un risque important d'interactions médicamenteuses, et dont le niveau de sécurité ne serait pas suffisant pour une utilisation en automédication.

Ce qui signifie qu'en règle générale, les risques des médicaments en accès direct sont faibles, mais ils ne sont jamais nuls : comme pour tout médicament, ils peuvent entraîner des effets indésirables ou interagir avec d'autres médicaments, certains aliments ou des boissons.

Achat des médicaments en ligne : attention aux contrefaçons !

En France, la vente de médicaments sur Internet est strictement encadrée depuis janvier 2013. La création et l'exploitation d'un site Internet de vente de médicaments sont réservées aux pharmaciens. Le site doit être adossé à une officine de pharmacie physique, et seuls les médicaments sans ordonnance peuvent être vendus sur Internet.

La création d'un site Internet de vente de médicaments par une pharmacie est soumise à l'autorisation de l'Agence Régionale de Santé (ARS) dont dépend la pharmacie. L'Ordre national des pharmaciens tient à jour la liste des sites autorisés et la met à la disposition du public.

Dans quels cas l'automédication est possible ?

L’automédication consiste pour les patients à se soigner grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance et efficaces dans les conditions normales d’utilisation, reprises dans la notice.

L’automédication peut permettre de traiter des symptômes courants et bénins, pour une durée limitée, sans l’intervention du médecin mais avec le conseil du pharmacien.
Exemples de symptômes :

  • Les douleurs légères ou modérées
  • La fièvre

symptômes en cohérence avec les indications des spécialités promues

L’automédication doit donc être pratiquée de façon temporaire dans les cas les plus bénins. Il est fortement déconseillé de se soigner seul sur une longue durée, au risque de s’exposer à un retard de diagnostic ou à une aggravation de la maladie faute d’un traitement adapté. Des informations sur l’automédication sont disponibles sur le site de l’ANSM.